Saga du F.-A.-Gauthier – François Bonnardel limoge le pdg de la STQ

Saga du F.-A.-Gauthier – François Bonnardel limoge le pdg de la STQ

L’intarissable saga du F.-A.-Gauthier a finalement coûté son poste au pdg par intérim de la STQ, François Bertrand. On voit ici le navire lors de son arrivée au chantier maritime Davie le 13 janvier. Photo courtoisie

Baie-Comeau – La gestion plutôt catastrophique de la traverse Matane-Côte-Nord et du dossier du bateau de remplacement aura eu raison du patron de la Société des traversiers du Québec (STQ). Le ministre des Transports, François Bonnardel, l’a remercié de ses services la semaine dernière.

Visiblement exaspéré du cafouillage en règle dans cette saga, le ministre a choisi de congédier François Bertrand, qui était président-directeur général par intérim depuis mars 2017, « devant l’incapacité de la STQ de mettre en place un plan crédible de relève à court, moyen et long terme ».

« La direction actuelle (de la STQ) ne peut plus assumer cette mission cruciale (de la desserte maritime Matane-Côte-Nord), et la confiance que je dois lui porter n’était simplement plus là », a ajouté M. Bonnardel en point de presse. Le nouveau pdg est Stéphane Lafaut, sous-ministre associé au ministère des Transports, qui a notamment fait carrière dans les Forces armées canadiennes.

M. Lafaut aura entre autres comme mandat de dresser un « diagnostic organisationnel » de la STQ. « Je veux qu’elle (la Société) atteigne les plus hauts standards de performance », a clamé le ministre, qui dit laisser le temps au nouveau patron de poser ce diagnostic avant de déterminer s’il demandera ou non une enquête de la Vérificatrice générale du Québec, comme le réclame le Parti québécois (voir autre texte).

Surréaliste

François Bonnardel a aussi jugé « surréaliste » le fait que le F.-A.-Gauthier, un bateau âgé de seulement trois ans, soit hors service durant huit mois. En effet, le traversier ne devrait pas reprendre ses fonctions avant le mois d’août, le manufacturier des propulseurs azimutaux, la firme Steerprop, ne pouvant fournir des pièces de rechange que pour un seul des deux propulseurs.

La STQ a autorisé que les pièces de l’autre moteur soient fabriquées, mais elles ne seront pas livrées avant la fin juin. La reconstruction du propulseur prendra ensuite au moins un mois, d’où la date du mois d’août pour revoir le F.-A.-Gauthier en mer.

En signalant que les contribuables québécois « ont déjà investi assez d’argent dans ce bateau », François Bonnardel a mandaté les équipes juridiques de la STQ et de son ministère afin d’évaluer la possibilité d’intenter des recours dans ce dossier.

Deux jours

Rappelons que le traversier était hors service depuis le 17 décembre. En théorie, son absence ne devait durer que deux jours. Il se trouve en cale sèche au chantier maritime Davie depuis le 14 janvier. C’est lors de cette cale sèche qu’ont été observés les bris aux deux propulseurs.

Selon les propos du ministre, la goutte qui a fait déverser son vase est survenu la veille du congédiement de M. Bertrand, lorsqu’il a appris que l’Apollo, récemment acheté au coût de 2,1 M$ par la STQ et qui devait entrer en fonction le 1er février, ne serait finalement pas disponible avant le 13. La Société l’a acheté sans inspection et des travaux s’avèrent nécessaires.

La Société des traversiers du Québec aurait vraisemblablement identifié un traversier de remplacement permanent en Europe et mène actuellement des négociations en vue de son acquisition. Ce navire ne sera cependant pas disponible avant le mois d’avril. Le ministre estime que la chose aurait dû être faite depuis longtemps, évoquant « un manque de planification grave » de la STQ et blâme au passage le précédent gouvernement libéral, qui avait devant lui un projet d’acquisition d’un tel bateau de remplacement mais qui aurait refusé d’aller de l’avant.

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