Unifor craint les impacts d’une nouvelle crise

Unifor craint les impacts d’une nouvelle crise

De passage à Baie-Comeau, le directeur québécois d’Unifor, Renaud Gagné, a dit craindre l’imposition de taxes par les États-Unis en lien avec le dossier du bois d’œuvre. Photo Le Manic

Baie-Comeau – Le syndicat Unifor craint les surtaxes qui pourraient être imposées aux exportateurs canadiens de bois d’œuvre par les États-Unis dès avril, alors que les négociations sur le conflit canado-américain piétinent.

De passage à Baie-Comeau le 7 mars, le directeur québécois d’Unifor, Renaud Gagné, a affirmé qu’il s’attend à ce que des taxes pouvant aller jusqu’à 30 % soient imposées à la suite de la plainte déposée par le lobby américain à la Commission du commerce international des États-Unis.

« Ça va être assez tragique s’il n’y a pas d’entente qui se conclut rapidement. […] À court terme, on peut survivre, mais on ne peut pas opérer à perte indéfiniment. Ce 30 % là va faire extrêmement mal », a-t-il assuré.

Le directeur québécois d’Unifor, qui représente dans la Manicouagan les employés de Produits forestiers Résolu, souligne que lors de la dernière crise, de 2008 à 2012, le syndicat a perdu 12 000 travailleurs au Québec en raison de faillites et de mises à pied. « Ça fragilise l’ensemble des opérations », a-t-il rappelé.

Protéger les travailleurs

Unifor réclame du gouvernement du Canada qu’il mette en place différentes mesures si des taxes sont imposées. Il souhaite notamment la création d’un programme spécial d’assurance-emploi pour les travailleurs affectés par la crise, de même que l’accès à des garanties de prêts pour les entreprises concernées.

Comme plusieurs autres intervenants, le syndicat souhaite que le gouvernement défende la particularité du régime forestier québécois, où le bois n’est pas subventionné, et qu’il en fasse la promotion. Unifor désire également la mise en place d’un plan d’action pour lutter contre l’industrie américaine en faisant des démarches aux États-Unis.

Le syndicat sera d’ailleurs à Ottawa du 20 au 23 mars afin de faire un lobby spécifique au dossier du bois d’œuvre. « On met une énorme pression. […] Tout le monde est conscient de l’importance », a précisé Renaud Gagné.

Au point mort

Selon M. Gagné, les négociations entre le Canada et les États-Unis sont au point mort actuellement, notamment en raison des vues protectionnistes du nouveau président, Donald Trump, qui veut renégocier l’Accord de libre-échange nord- américain (ALÉNA).

« À partir du moment où on renégocie l’ALENA, ça peut ouvrir toutes sortes de portes. C’est quoi qui va être sacrifié pour régler un autre dossier? On ne le sait pas. On ne sait pas quelle sera la position du gouvernement », a déploré le directeur.

Selon lui, il y a toutefois une bonne nouvelle, puisque Produits forestiers Résolu fera partie de l’étude avec les compagnies dans ce dossier, ce qui permettra de faire la « démonstration qu’on n’a pas de subventions au Québec ».