Le BAPE donne le feu vert au duc-d’Albe

Le BAPE donne le feu vert au duc-d’Albe

Le président de la Société du pont sur le Saguenay, Pierre Breton (à droite), s’est rendu à Vancouver en octobre dernier en compagnie de l’architecte Pierre Brisset pour rencontrer la firme d’ingénieurs experts en construction de longs ponts suspendus COWI int’l. Photo courtoisie

Baie-Comeau – Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) conclut que le projet de construction d’un duc-d’Albe au quai garage de Tadoussac peut aller de l’avant, tout en soulignant les préoccupations et arguments des participants aux audiences publiques en faveur d’un pont.

Dans leur rapport rendu public le 2 mars, les commissaires indiquent que les engagements pris par le promoteur inscrits dans l’étude d’impact ou mentionnés en audience publique sont de nature à maintenir la qualité de vie des résidents et à assurer la protection des mammifères marins pendant les travaux.

« C’était prévisible. Ce qu’on a demandé au BAPE, […] il ne pouvait pas répondre non », a commenté le président de la Société du pont sur le Saguenay, Pierre Breton, faisant référence au mandat du BAPE, qui concernait uniquement le duc-d’Albe, qui servira de point d’amarrage aux futurs navires de la Société des traversiers du Québec.

Si les commissaires ne se prononcent pas en faveur ou non d’un pont, ils évoquent toutefois dans le rapport que « plusieurs participants à l’audience publique ont indiqué que le mandat du BAPE sur le projet de construction d’un duc-d’Albe aura été une occasion de faire valoir leur position pour un pont sur le Saguenay auprès des autorités gouvernementales ».

Pertinence démontrée

Le BAPE estime que le fait que l’ensemble des participants aux séances publiques ait profité de cette occasion pour parler de sujets qui dépassent la portée du projet démontre la pertinence de tenir des consultations publiques en amont des projets.

Les commissaires reconnaissent également que « la documentation soumise pour justifier la construction d’un pont sur le Saguenay témoigne d’un effort de longue haleine » et que les arguments en faveur d’un pont montrent des « avantages potentiels pour le transit des véhicules sur la Côte-Nord ».

Le rapport souligne par ailleurs l’importance d’étudier les impacts potentiels d’un pont dans une étude d’impact soumise à un examen approprié.

Il suggère qu’une étude d’opportunité environnementale, sociale et économique qui comparerait les avantages et inconvénients du service de traversier à un pont permettrait d’y voir plus clair et que cette étude pourrait s’insérer dans une révision du plan de transport du ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports pour la Côte-Nord, produit en 2002.

Satisfaction

Le président de la Société du pont sur le Saguenay se dit plutôt satisfait du rapport, puisque celui-ci souligne les préoccupations émises par les participants aux consultations.

« Comme le président [du comité du BAPE] nous l’a dit, il n’y avait aucune possibilité dans le mandat donné de discuter d’autre chose que du poteau. […] Ils n’avaient pas le droit d’émettre ou de donner des avis au ministre là-dessus. Je considère que les commissaires ont fait un bel effort pour rapporter les propos des gens qui se sont présentés devant eux », indique-t-il.

Selon lui, le fait que ces préoccupations aient été évoquées non seulement dans ce rapport du BAPE, mais également lors des consultations de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) sur la sécurité routière, est une bonne nouvelle.

« La satisfaction qu’on peut avoir, c’est que le gouvernement ne pourra pas dire qu’il ne le sait pas. […] Un gouvernement responsable devrait prendre action rapidement », conclut Pierre Breton.