Alerte au trou noir – L’industrie du tourisme en péril?

Alerte au trou noir – L’industrie du tourisme en péril?

Marie-Josée Guérin est propriétaire de l’Auberge La Sainte-Paix à Tadoussac. Elle soutient que l’an dernier, tous les employeurs de Tadoussac ont connu une pénurie d’employés. Le tourisme génère 1 200 emplois en haute saison à Tadoussac. Photo courtoisie

Tadoussac – Propriétaire de l’Auberge La Sainte-Paix de Tadoussac depuis bientôt sept ans, Marie-Josée Guérin en a ras-le-bol des pratiques du programme de l’assurance-emploi qui mettent en péril selon elle, toute l’industrie touristique de la région et en freinent son développement économique. Elle dénonce de plus, l’intimidation et le harcèlement qu’ont vécu ses employées de la part des fonctionnaires fédéraux du programme.

Madame Guérin emploie trois personnes dont une étudiante de mai à octobre inclusivement. Au total six mois de travail dont 5 à plein régime. « Même si les débuts et fins de saison sont plus tranquilles, je réussis habituellement à les faire travailler 595 heures. Mais à 665 heures, c’est impossible », déplore-t-elle.

Harcèlement et intimidation

Marie-Josée Guérin dénonce le harcèlement et l’intimidation dont ont été victimes ses deux employées par les fonctionnaires du programme de l’assurance-emploi. « L’une de mes employées s’est vu refuser les prestations parce qu’elle avait quitté un emploi à temps partiel pour venir faire du remplacement. On lui a répondu qu’elle avait quitté un emploi à temps partiel pour un emploi saisonnier et qu’elle n’était pas éligible même si elle avait cumulé assez d’heures ». Afin que le dossier de son employée se règle, madame Guérin a dû faire des pressions auprès de Services Canada.

Dans le collimateur ?

Pour en rajouter, la propriétaire de l’Auberge La Sainte-Paix a été dans l’obligation d’intervenir pour son autre employée, qui a eu maille à partir avec le service de l’assurance-emploi. « On l’a carrément harcelée, en lui disant qu’elle réclamait des prestations de façon récurrente. La personne au bout du fil lui disait : j’entends tes enfants, donc tu n’es pas à la recherche d’emploi, etc.. À un moment donné je me suis demandée si mon Auberge n’était pas dans le collimateur de Services Canada ».

Finalement, ce qui devait arriver arriva. Une des employées de Mme Guérin, excédée par le harcèlement et stressée de vivre le trou noir a fini par laisser son emploi. « Présentement je n’ai plus d’employées. J’ai embauché une Française de Montréal qui n’avait pas besoin d’assurance-emploi. Donc soit j’engage des Européens qui ont un permis de travail, des étudiants pour boucher les trous ou des retraités qui n’ont plus besoin d’assurance-emploi », ironise la femme d’affaires.

Le tourisme en péril

Selon madame Guérin, c’est la survie même de l’industrie touristique qui est en jeu. « Je travaille 7 jours sur 7, 14 heures par jour et je n’ai plus d’employées à cause de ça. Ils sont en train de nous couper le tourisme. On n’est plus en train d’essayer de prolonger la saison, on recule. La population est vieillissante, les étudiants ne sont plus disponibles, tout le monde sacre son camp et nous on va fermer », dit-elle.

Le 24 novembre prochain, une manifestation est prévue et devrait faire l’objet d’une mobilisation sans précédent. Marie-Josée Guérin espère que le gouvernement va réagir avant qu’il ne soit trop tard.